Un cardiologue alerte sur ce symptôme visible aux pieds et aux chevilles qui peut révéler une insuffisance cardiaque
L’insuffisance cardiaque touche des centaines de milliers de personnes en France, souvent sans qu’elles le sachent. Cette pathologie chronique, qui affaiblit la capacité du cœur à pomper le sang, représente la première cause d’hospitalisation après 65 ans et serait à l’origine d’environ 70 000 décès chaque année. Parmi ses signaux d’alerte, un symptôme en apparence banal attire l’attention des cardiologues : les chevilles gonflées insuffisance cardiaque peuvent aller de pair.
Des chevilles et des pieds qui enflent, des chaussettes qui marquent profondément la peau, des chaussures soudain trop serrées en fin de journée peuvent traduire un œdème des membres inférieurs. Pris isolément, ce signe reste parfois bénin, mais s’il s’accompagne d’essoufflement, de fatigue anormale ou d’une prise de poids rapide, il peut annoncer une décompensation d’insuffisance cardiaque et mérite une consultation.
Chevilles gonflées : le signe visible qui peut trahir le cœur
Chevilles qui disparaissent, contour du pied épaissi, impression de “gonflement d’eau” : l’œdème lié à l’insuffisance cardiaque correspond à une accumulation de liquide dans les tissus. Les patients décrivent souvent un gonflement bilatéral, plus marqué le soir après la station debout. La peau paraît tendue, lisse, parfois brillante, et les bas ou chaussettes laissent une empreinte nette au retrait.
Sur le plan clinique, l’Assurance maladie décrit un “œdème prenant le godet” : quand on appuie avec le doigt sur la cheville ou le pied, un creux persiste quelques secondes avant que la peau ne retrouve son niveau. Ce phénomène s’explique par la rétention de liquide liée à un cœur qui pompe moins efficacement ; le sang stagne dans les veines, le retour veineux se fait mal et l’eau diffuse vers les tissus des jambes, des chevilles puis des pieds.
Quatre autres signaux d’alerte de l’insuffisance cardiaque
Le cardiologue Emmanuelle Berthelot, de l’hôpital de Bicêtre, rappelle qu’un simple œdème ne suffit pas à poser le diagnostic, mais qu’il fait partie d’un “pack” de signes à connaître pour éviter les formes graves. Quatre symptômes reviennent systématiquement dans les recommandations :
- Un essoufflement inhabituel à l’effort, puis parfois au repos ou en position allongée.
- Une prise de poids rapide de 2 ou 3 kilos en quelques jours, liée à une rétention d’eau.
- Un œdème des jambes avec chevilles et pieds gonflés.
- Une fatigue excessive, même pour de petits efforts.
Les spécialistes décrivent aussi un signe méconnu, la “bendopnée” : un essoufflement qui apparaît lorsqu’on se penche en avant pour lacer ses chaussures ou ramasser un objet. Ce phénomène témoigne d’une congestion déjà importante et, associé à des chevilles gonflées, renforce la suspicion d’insuffisance cardiaque.
Que faire en cas de chevilles gonflées et comment se faire dépister
Selon l’Assurance maladie, le diagnostic précoce et la réponse rapide dès les premiers signes de décompensation représentent un enjeu de santé publique majeur. En cas de pieds ou chevilles gonflés associés à un ou plusieurs symptômes précédents, la première étape reste la prise de rendez-vous avec le médecin traitant. Une bonne hygiène de vie et un traitement adapté peuvent ensuite limiter les conséquences de la maladie. “On ne peut pas en guérir, mais des traitements permettent de ralentir sa progression et de retrouver une vie normale, en diminuant les symptômes”, précise la cardiologue. “Être moins essoufflé permet de reprendre une activité physique adaptée, comme la marche. C’est bénéfique car le cœur est un muscle qui a besoin de fonctionner”.

